Libertinage sans filtre : les rencontres ne se passent pas toujours comme prévu

Oubliez le couple parfait en peignoir blanc, coupe de champagne à la main, qui pousse timidement la porte d’un club libertin.

Dans la vraie vie, c’est souvent beaucoup moins glamour. Et nettement plus intéressant.

Il y a les messages envoyés à minuit, les rendez-vous improvisés, les kilomètres avalés pour rencontrer quelqu’un, les différences d’âge qu’on aurait juré ne jamais envisager… et les plans qui ne ressemblent finalement pas du tout à ce qu’on avait imaginé.

C’est peut-être ça, le vrai libertinage : arrêter de suivre le scénario.

Faire 200 kilomètres pour rencontrer quelqu’un ? Apparemment, oui

Sur une appli classique, une personne située à 250 kilomètres est presque rayée de la carte.

Chez les libertins, la géographie semble parfois beaucoup plus flexible.

Quand le courant passe vraiment et que les envies collent, certains prennent la voiture pour une soirée, un club ou une rencontre privée. Trois heures de route pour boire un verre avec quelqu’un ? Ça peut sembler excessif.

Jusqu’au jour où vous le faites.

Cette mobilité a même donné naissance au covoiturage libertin : partager un trajet avec d’autres personnes qui se rendent au même club ou à la même soirée.

Sur le papier, vous partagez simplement l’essence.

Dans la réalité, le trajet peut déjà faire partie de l’aventure. Vous discutez, vous découvrez les personnes avec qui vous voyagez et l’ambiance commence parfois bien avant d’arriver.

Avec une règle évidente : on ne monte pas dans la voiture du premier profil douteux venu. Libertin ne veut pas dire inconscient.

Le cul n’a pas de code postal

Internet a complètement changé les règles.

Avant, on fréquentait surtout les clubs de sa région. Aujourd’hui, une discussion commencée à Lyon peut se terminer quelques semaines plus tard par un week-end à Bruxelles.

Certains choisissent même leurs sorties en fonction des soirées et des rencontres prévues. On visite une ville, on teste un restaurant, on découvre un club et éventuellement quelques personnes qui ne figurent pas exactement dans le Guide du Routard.

Une sorte de tourisme parallèle.

Avec des souvenirs parfois nettement plus intéressants que la traditionnelle photo devant la cathédrale.

À 50 ans, personne n’éteint la lumière

Autre idée à envoyer à la poubelle : le libertinage serait réservé aux moins de 35 ans avec corps parfait et photos Instagram.

Il suffit d’entrer dans un club ou de parcourir un site spécialisé pour comprendre que la réalité est tout autre.

Les quadragénaires et quinquagénaires y sont très présents. Beaucoup de femmes matures libertines assument d’ailleurs des envies qu’elles auraient peut-être gardées pour elles vingt ans auparavant.

Après une séparation, une longue relation ou simplement des années de routine, certaines arrivent à un moment où elles n’ont plus envie de remettre leurs désirs à plus tard.

Et avec l’âge, il se passe souvent quelque chose de plutôt agréable : le regard des autres commence sérieusement à perdre de son importance.

À 50 ans, on connaît souvent mieux son corps. On sait davantage ce qu’on aime. Et surtout, on repère beaucoup plus vite ce qu’on ne veut pas.

Franchement, ce n’est pas forcément à 25 ans qu’on est le plus libre.

L’assurance est parfois plus sexy qu’un corps parfait

Notre époque adore la jeunesse.

Le désir, lui, s’en fout un peu.

Un physique parfait ne suffit pas à créer une attirance. Une personne qui assume son corps, regarde franchement, sait séduire et ne joue pas un personnage peut dégager beaucoup plus qu’un profil retouché jusqu’à devenir irréel.

L’expérience change aussi la manière de rencontrer les autres.

Moins besoin d’impressionner. Moins de cinéma. Plus de franchise.

On sait pourquoi on est là.

Et cette assurance peut être terriblement attirante.

Le meilleur côté du libertinage ? Arrêter de tourner autour du pot

Dans une rencontre classique, annoncer certaines envies peut être compliqué.

Essayez de placer tranquillement au dessert :

« Sinon, ça te dirait un club libertin samedi ? »

Petit silence possible.

Sur un site libertin, au moins, personne ne fait semblant d’être arrivé là en cherchant une recette de quiche lorraine.

Le contexte est clair.

Cela ne signifie évidemment pas que tout le monde recherche la même chose. Certains veulent rencontrer un couple, d’autres une femme ou un homme. Certains découvrent à peine cet univers tandis que d’autres savent exactement ce qu’ils recherchent.

Mais au moins, on peut parler franchement.

Et quand les intentions sont claires, les rencontres deviennent souvent beaucoup plus simples.

Non, libertin ne signifie toujours pas open bar

Il faut visiblement encore le rappeler.

Une femme inscrite sur un site libertin n’est pas automatiquement disponible.

Un couple qui entre dans un club n’a pas signé pour coucher avec toute la salle.

Et une femme de 55 ans qui assume sa sexualité n’attend certainement pas qu’un inconnu débarque pour lui expliquer ce qu’elle devrait aimer.

La liberté sexuelle fonctionne dans les deux sens.

Pouvoir dire oui, évidemment.

Mais surtout pouvoir dire non sans devoir se justifier pendant vingt minutes.

Sans consentement, vous n’êtes pas libertin.

Vous êtes juste lourd.

Arrêtez de vouloir « réussir » votre soirée

C’est probablement le meilleur moyen de tout gâcher.

Vous avez roulé deux heures pour venir ? Ce n’est pas une raison pour que quelque chose se passe.

Vous avez payé l’entrée du club ? Toujours pas.

Vous discutez avec quelqu’un depuis trois semaines ? Ça ne garantit rien non plus.

Une soirée libertine n’a pas besoin de se terminer dans un lit pour être réussie.

Parfois, vous allez faire une rencontre mémorable. Parfois, vous allez simplement boire un verre, discuter et rentrer chez vous en vous demandant pourquoi le DJ passe encore les mêmes tubes depuis 2007.

C’est le jeu.

Celui qui entre dans un club avec l’idée qu’il « faut absolument que quelque chose se passe » devient généralement exactement la personne que tout le monde cherche à éviter.

Les meilleurs plans sont souvent ceux qui dérapent du programme

Vous pouvez passer une heure à rédiger le profil parfait et définir précisément l’âge, la distance, le physique et le type de personne que vous souhaitez rencontrer.

Puis tomber sur quelqu’un qui ne correspond presque à aucun de vos critères.

Et avoir un énorme feeling.

Une personne plus âgée que prévu. Une discussion commencée sans arrière-pensée. Quelqu’un rencontré pendant un trajet ou dans une soirée où vous n’aviez même pas prévu d’aller.

Les fantasmes adorent les scénarios parfaits.

Les vraies personnes foutent souvent le scénario en l’air.

Heureusement.

Certains découvrent les clubs à 25 ans, d’autres à 55. Certains traversent la France pour une soirée alors que d’autres ne feront jamais plus de trente kilomètres. Certains adorent l’ambiance des clubs tandis que d’autres préfèrent une rencontre privée après plusieurs semaines de discussion.

Il n’existe pas de mode d’emploi officiel.

Le libertinage est fait de rendez-vous ratés, de surprises, de kilomètres parfois parcourus pour rien et de rencontres avec des personnes qu’on n’aurait jamais imaginé désirer quelques semaines auparavant.

C’est justement ce qui le rend intéressant.

Parce qu’au fond, être libertin ne consiste pas à collectionner les partenaires ou à cocher des fantasmes sur une liste.

C’est surtout s’autoriser à sortir du scénario prévu.

Et parfois, le meilleur plan est précisément celui qui n’était absolument pas au programme.